23 avril 2009
En janvier2013 sera mise en oeuvre la réforme de la politique commune de la pêche. Le commissaire européen Joe Borg veut réduire les capacités de pêche et responsabiliser les professionnels.
Correspondance à Bruxelles.
Il y a «trop de bateaux qui pêchent trop de poissons»: le leitmotiv du commissaire européen à la pêche, le Suédois Joe Borg, n'est pas nouveau. Cependant, la franchise avec laquelle il a lancé hier le débat sur la prochaine réforme de la politique commune de la pêche tranche avec le ton plus diplomatique qu'il adopte en marge des réunions des ministres de la pêche. Depuis 1983, les «quotas» de pêche que les Etats distribuent, espèce par espèce, à leurs pêcheries sont fixés au niveau européen, par les ministres concernés, sans pour autant que cela ait permis d'endiguer l'épuisement des stocks de poisson. «Il faut une approche radicalement nouvelle; il n'y aura pas de sujet tabou», a averti le Commissaire. Joe Borg a admis les effets pervers des politiques passées. «Nous sommes pris dans un cercle vicieux où les subventions ont encouragé la modernisation et l'augmentation de la flotte, laquelle épuise les stocks, ce qui a un impact irréversible sur la biomasse. Moins il y a de poissons à pêcher, plus les marges des pêcheurs sont réduites», a-t-il dit. Ce qui encourage les pêcheurs à pêcher plus.
Responsabiliser
Les scientifiques estiment que 88% des espèces exploitées par les pêcheurs européens sont pêchées au-delà de ce qui est nécessaire à leur conservation. Si on ne change rien, la destruction de toutes les espèces pêchées est programmée pour 2048, estime l'organisation de protection des océans Oceana. La Commission compte activer tous les leviers possibles pour réduire les capacités, éliminer les rejets et responsabiliser les pêcheurs. Cela dit, ses propositions restent prudentes, notamment sur les quotas. Actuellement alloués sur une base historique, ils pourraient à l'avenir être échangés dans le cadre d'un marché organisé. Ces échanges existent déjà mais de façon bilatérale, d'Etat à Etat, sans être valorisés. «Les pays qui ont mis en place des ITQ (quotas de pêche individuels transférables) ont effectivement obtenu une réduction des capacités mais cela pose également des problèmes», a reconnu le Commissaire. Le système nuit aux plus petites pêcheries et entraîne une concentration du marché. La réforme sera mise en oeuvre en janvier2013.
