Légumes difformes en rayon. Les Bretons inquiets
Carottes tordues, choux-fleurs irréguliers... A partir du 1er juillet, les magasins pourront vendre des légumes aux formes biscornues. La mesure inquiète «Prince de Bretagne».
Pour la Commission européenne, il n'y a aucune raison que des produits aux formes irrégulières, mais tout à fait comestibles, soient écartés du circuit commercial des magasins européens. Les légumiers bretons craignent que les nouveaux apports pèsent sur le marché et fassent baisser les prix au détriment de leurs légumes bien calibrés. Qu'est-ce qui va changer? Actuellement, pour prendre place dans les rayons des supermarchés, les légumes doivent répondre aux normes des trois classements en vigueur: catégories 1, 2 et extra. Les critères vont de la forme à la taille en passant par la couleur. Ceux qui ne sont pas dans les clous sont écartés du circuit pour être vendus dans les usines de transformation, ou bien ils finissent à la poubelle.
Chou-fleur, poireau...
A partir de demain, les normes vont disparaître pour 26 fruits et légumes. «Dans cette liste, on trouve les légumes-phare de notre production, comme le chou-fleur, l'artichaut, le poireau, l'oignon», indique Yvon Auffret, le directeur du comité économique régionale des fruits et légumes (Cerafel) de Bretagne, qui commercialise les produits sous la marque «Prince de Bretagne». La tomate, la salade et la fraise sont épargnées. De Brest à Saint-Malo, en passant par Paimpol, 3.000 agriculteurs produisent 670.000 tonnes de légumes frais, 40% sont exportés dans l'Union européenne. «Ils travaillent tous selon le même cahier des charges», explique Yvon Auffret. «Ce qui nous permet de présenter à notre clientèle une production homogène.» Pour en arriver là, la filière bretonne finance de façon importante la recherche des variétés, les stations expérimentales qui mettent au point les techniques de culture, les méthodes de récolte et de conditionnement. «Tout cela coûte cher et augmente nos coûts de production», souligne Yvon Auffret.
Des risques de dérive?
A partir de cette semaine, les légumes «normalisés» vont se retrouver en concurrence avec du «tout-venant» qui se vendra sans doute moins cher. «Cette dénormalisation nous fait craindre des dérives», commente Yvon Auffret. «Il suffit d'une augmentation de 2 ou 3% des volumes pour déséquilibrer le marché européen». Le directeur du Cerafel redoute aussi une baisse de la qualité, la création de marchés parallèles pour les produits concernés, une confusion dans les références de prix, voire l'imposition de cahiers des charges-maison par des enseignes.
6 réactions
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manoumb
enfin une bonne nouvelle
et oui, nous certains consommateurs on n'a jamais demandé des légumes stéréotypés mais des légumes sains, sans pesticides, sans engrais qui poussent naturellement donc pas parfaits en forme mais excellents en goût. Peut être allons nous avoir enfin une nourriture saine et non fabriquée de toute pièce par des organismes qui ne veulent que la quantité à moindre coût et qui plus est ,avec les SUBVENTIONS!. Espérons que le petit producteur pourra vendre ses légumes biscounus et que nos enfants s'habitueront à nous les voir acheter et plus tard ne pas considérer comme une certaine génération que seules les tomates rondes ou les carottes droites sont bonnes.
Ajouté le 30 juin 2009 à 11h47
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arri...
La non écoute des consommateurs perdure...
Quand la quantité parasite les prix, quand la qualité présente des dérives qui ne correspondent en rien à la qualité perçue des consommateurs, on s'étonne de l'émoi permanent ambiant chez les producteurs. La forme des légumes n'entachent en rien la qualité: au moins dame nature garde son authenticité et prouve que les légumes sont issus du sol et non de serres stéréotypées où l'on voudrait produire des produits "clonés" et toujours droits comme des I. Quand les producteurs auront compris que le consommateur attend des produits cultivés dans des conditions les plus naturelles possibles et sans traitements chimiques outranciers (graines, plants, sols copieusement arrosés,etc..) les arguments auront plus de sens. Vive les légumes et fruits biscornus s'ils sont sans chimie !
Ajouté le 30 juin 2009 à 09h14
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lola29
tant mieux
bah au moins elles auront plus de gout (lol) et moi je pensai que ça poussait comme çà "difforme"
Ajouté le 30 juin 2009 à 13h23
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JB2919
c'est pas trop tôt !
J'espère que nous allons peut-être enfin avoir des légumes avec du goût et que les petits producteurs, surtout en bio, pourront écouler leurs marchandises. Ces normes de formes et de calibrage sont ridicules de même que toutes les formes de nourriture aseptisée que l'on veut nous faire ingurgiter.
Ajouté le 30 juin 2009 à 16h35
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matt22
faux probleme
si un producteur doit jeter les légumes qui ne répondent pas à des normes visuelles on ne s'étonne pas qu'il vende les autres plus cher... alors que si il peut tous les vendre à un peu moins cher je pense que tout le monde est gagnant dans l'affaire
Ajouté le 30 juin 2009 à 20h16
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vert...
Angélisme et inconséquence
Et voila, je viens de lire les réactions.
En substance: si c'est biscornu, c'est plus sain et cela a meilleur gout.
"J"espère" que les petits producteurs...
Helas, les consommateurs sont inconséquent, les mêmes qui pensent et disent tout a fait sincerement ce qui est ci-dessus, seront les premiers a laisser sur l'étal la carotte tordue ou la patate terreuse.
Et pour tout dire, il est humain et normal qu'il en soit ainsi, l'aspect visuel et un des premiers éléments du plaisir de manger.
D'autre part, que les legumes soit difforme ou droit ne change rien a leur qualité intrinsèque, j'ai un voisin maraicher bio qui a très vite compris que les acheteurs préfèrent les beaux legumes aux tordus, Il a fait ce qu'il faut pour ameliorer l'aspect.
Quand a la qualité et le naturel, c'est encore un autre problème, la il faut savoir prendre les legumes de saison et d'origine france. Cela a un ccout c'est vrai.
Ajouté le 5 juillet 2009 à 08h54