30 mai 2008
Les fabricants français d'aliments du bétail s'inquiètent du futur de leurs approvisionnements en matières premières protéiques, essentiellement le soja importé, dont ils sont largement dépendants pour assurer leurs fabrications et répondre aux besoins de l'élevage français.
Décalage
Réunis à Saint-Malo hier, sous la présidence d'Adolphe Thomas, dans le cadre de l'assemblée générale du SNIA (Syndicat de l'industrie privée de l'alimentation animale), ils ont exprimé cette inquiétude en invoquant le déphasage avec la production de soja chez les grands pays exportateurs, le Brésil, les États-Unis, l'Argentine, de plus en plus concentrés autour des variétés OGM. Des variétés pour lesquelles ils obtiennent des autorisations de mises en culture relativement rapides, environ trois fois de moins de temps qu'il n'en faut dans l'Union européenne pour les adopter. Ce décalage entre l'offre variétale, qualifiée d'autorisation « à synchrones », présente le risque pour les utilisateurs européens de ne plus pouvoir se procurer à terme suffisamment de variétés autorisées dans l'Union européenne et même de mettre en cause le maintien d'une filière OGM qui représente actuellement environ 30 % des utilisations dans l'alimentation animale communautaire.
Étiquetage ?
Le consommateur ignore généralement que la viande qu'il consomme déjà provient majoritairement d'animaux nourris à base de végétaux OGM. Les professionnels tiennent à respecter les choix du consommateur, en l'informant objectivement sur l'innocuité de ces aliments. Il pourrait en résulter une politique d'étiquetage mais probablement que le maintien de deux filières entraînerait des coûts de production se répercutant à la consommation.
