6 juin 2008
Le chômage a poursuivi sa décrue au premier trimestre. Le taux de chômage au sens du BIT s'établit désormais à 7,2% de la population active, un chiffre en baisse de 1,2 point sur un an.
« Petits boulots »
Ce sont surtout des emplois de services à la personne, naguère appelés « petits boulots ». Cette nouvelle réalité du marché du travail apparaît en page 5 de la note de l'Insee (*): on y voit la courbe du sous-emploi monter à partir de 2006, depuis que la courbe du chômage baisse. Dans cette même note, page 3, la chute la plus importante du chômage officiel est observée chez les femmes de 15 à 24 ans : - 5,4 % en un an. C'est la catégorie la plus concernée par les emplois de proximité, avec celle des jeunes hommes de 15 à 24 ans (- 2,7 % en un an).
Ces « non-chômeurs en situation de sous-emploi » ne peuvent améliorer leur situation financière qu'en accroissant leur temps de travail, c'est-à-dire en multipliant le nombre de leurs employeurs. C'est ce qui se passe aux Etats-Unis et c'est de cette manière que Tony Blair a fait baisser le taux de chômage britannique.
En Allemagne, où le chômage diminue de manière spectaculaire, la part de la population menacée de pauvreté est passée de 18,9 % à 25 % en six ans. La France, l'Espagne et l'Italie suivent le même chemin : aggravation des inégalités salariales parce que des personnes exclues jusqu'ici du marché du travail obtiennent des emplois peu qualifiés. Selon le ministère de l'Emploi, plus d'un million de salariés ont besoin de travailler davantage pour vivre décemment. L'Insee évalue ces travailleurs pauvres à 4,4 % des salariés qui ont un emploi.
Les données de l'Insee fournissent une explication supplémentaire : une croissance faible (1,9 %) crée des emplois... C'était impensable quand l'industrie avait besoin de gains de productivité ; mais, justement, les services et notamment les services à la personne ignorent la productivité.
Levier démographique
Ces données rendent peu pertinentes les comparaisons entre 2008 et 1983, époque durant laquelle les licenciements étaient encore soumis à autorisation administrative préalable. Ce qui a structurellement changé, outre le basculement des emplois industriels vers les emplois du tertiaire, ce sont la démographie - la retraite des « baby boomers » retire des vieux demandeurs d'emploi (- 1,1 %) - et le renforcement des contrôles : les reprises d'activité ne représentent qu'un quart des motifs de sortie des statistiques.
La note de l'Insee
www.insee.fr/fr/indicateur/indic_conj/donnees/doc_idconj_14.pdf
