5 janvier 2009
La violence des émeutes, samedi à Paris, après la manifestation en soutien à la population de Gaza, fait craindre un embrasement de nos cités. Nicolas Sarkozy se rend aujourd'hui au Proche-Orient avec l'espoir d'apaiser les tensions.
Mystérieux émir
Au cours du marathon-éclair qui va le conduire aujourd'hui du Caire à Jérusalem et, demain, de Damas à At Tiri, où il haranguera les soldats français de la Finul au sud-Liban, Sarkozy-Bonaparte espère faire encore mieux : amener ses amis israéliens à interrompre leurs attaques meurtrières sur Gaza, et même - car un cessez-le-feu unilatéral n'est pas envisageable - peser sur les irréductibles combattants du Hamas.
Cela, grâce à un allié discret : l'émir du Qatar. Ce riche rival des Saoudiens ne se contente pas en effet de sponsoriser le Prix de l'Arc de Triomphe, de transformer de fond en comble le magnifique hôtel de Lambert, acheté aux Rothschild à la pointe de l'Ile Saint-Louis, et d'acquérir des Rafale : c'est un intermédiaire influent de la politique française au Proche-Orient.
Voitures brûlées
Revenir avec l'espoir d'une solution ne serait pas seulement essentiel pour la paix du monde et glorieux pour un président français en mal de présidence européenne. Mais important pour la paix civile en France. Chaque « intifada » a en effet été suivie, dans nos banlieues, d'embrasements. Le nombre record de voitures brûlées, le 31 décembre, a été un premier avertissement. La violence des émeutes de samedi, où l'on a vu, dans le sillage de la grande manifestation contre l'intervention israélienne menée par Olivier Besancenot et Marie-George Buffet, des centaines de casseurs détruire vitrines, abribus et voitures en plein quartier parisien cossu, en a été un autre.
Sur une poudrière
Bien sûr, des anti-sarkozystes dénonceront des « provocations » qui serviraient la « dérive sécuritaire » du pouvoir. Mais les dirigeants des communautés juive et musulmane savent, eux, que nous sommes sur une poudrière. Hier, le président du CFCM (*), Mohammed Moussaoui, sortait donc de son silence pour souhaiter que « les efforts du président de la République soient couronnés de succès ». L'ancien ministre de l'Intérieur Sarkozy, lui, n'a pas oublié les émeutes de Clichy-sous-Bois qui, en octobre 2005, faillirent emporter le régime chiraquien. Et lui avec.
(*) Conseil français du culte musulman
