26 novembre 2008
Le vent a forci sur l'Atlantique sud et dans une mer hachée, les marins et les machines sont à l'épreuve. Peyron mène toujours la danse mais Sébastien Josse s'est rapproché.
Pour les premiers qui progressent au près depuis plusieurs jours dans les alizés de sud-est plus musclés, la position de l'anticyclone de Sainte-Hélène pas à sa place est le casse-tête du moment, chacun se demandant s'il va finir par bouger ou non.
La vie penchée
et mouillée
Pour l'heure, la vie penchée continue et il faut s'en accommoder comme l'expliquait Jean Le Cam plutôt à son affaire dans ces conditions musclées : « Il y a de l'air avec des pointes à 27 noeuds et ça avance bien. On fait du sud à la vitesse grand V. Il y a des paquets de flotte en permanence. Sur le pont, on ne montre pas une oreille. C'est un peu la guerre. Vu de l'extérieur, ça doit être rigolo mais nous, on est mieux à l'intérieur. » Son « VM Matériaux » qui était un des plus rapides de la flotte en matinée avec le « Brit Air » d'Armel Le Cléac'h qui filait comme un avion avec 17,5 noeuds de moyenne sur une heure. « Travers au vent, c'est une allure où le bateau va bien. Il fait des pointes à 21-22 noeuds. Quand on va régler ou manoeuvrer, on s'en prend plein la figure même si « Brit Air » est un bateau bien protégé », expliquait Armel Le Cléac'h désormais devant Vincent Riou (« PRB ») et qui avait même ravi la troisième place à Jean-Pierre Dick. Le meilleur score de la journée revenait à Marc Guillemot qui avait aligné 302 milles en 24 heures avec « Safran ».
Sans mettre la pédale douce, Riou le vainqueur du précédent Vendée semblait ménager sa monture : « Aller vite avec la mer de face, c'est chaud. Il faut être vigilant car le bateau part parfois à plus de vingt noeuds. Il faut savoir choquer les voiles pour ralentir », expliquait le Bigouden qui avait connu un problème de girouette en tête de mât dans la nuit. Cette progression rapide vers le sud tourne donc au saut d'obstacles. « Dans le bateau, ça danse la samba, le temps est assez remuant », confie Roland Jourdain inspiré par la proximité des côtes brésiliennes.
La boule de cristal
de Le Cam
Et en même temps, il faut passer du temps à la table à cartes pour négocier cet anticyclone qui est dans tous les esprits. Positionné plus ouest que d'ordinaire (sur l'îlot désertique de Trinidade au sud-ouest du Brésil), il oblige la flotte à descendre très sud pour le contourner. Loïck Peyron, dans la position de l'ouvreur, n'a pas le rôle le plus facile.
Pour Jean Le Cam, la voie paraissait limpide et tracée : « Ma boule de cristal est claire. Tous les routages nous font descendre très sud pour contourner la bulle anticyclonique. Et après, il faudra aller chercher la première porte des glaces (ndlr porte de l'Atlantique Ouest) en se méfiant : ces anticyclones sont assez capricieux », expliquait le facétieux skipper de « VM Matériaux ». Verdict en fin de semaine.
