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Bretagne

Vendée Globe. Anne Le Cam : « Terrifiée... après ! »

8 janvier 2009

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Angoisse. Attente. Mardi, la journée d'Anne Le Cam a été particulièrement éprouvante. Ce n'est qu'en soirée qu'elle a appris que son mari Jean était vivant et sauvé, après son chavirage dans le Vendée Globe. Anne Le Cam a été réveillée, dans la nuit de lundi à mardi, à 3 h 30, par Michel Ollivier, le chef de projet, qui a organisé les secours. Puis, plus rien. A 9 h, Anne Le Cam arrive au lycée Chaptal, à Quimper. Les collègues la regardent : certains savent, d'autres pas. Son Jean, le « Roi Jean », ne répond plus. « Il a chaviré cette nuit. Il parlait à son directeur de course quand la communication a été coupée... ». Elle ne finit pas sa phrase, avale un sanglot. Thierry, Catherine et Babeth, tous en formation de cuisine, comme elle, ont compris qu'Anne ne va pas avoir envie de sourire aujourd'hui.

Une matinée au rythme des textos et sonneries

La matinée est rythmée par les textos, le vibreur, les sonneries du portable. Mais la bonne nouvelle n'arrive pas. Aussi, tant qu'à faire, Anne s'intéresse au cours : elle écoute sans entendre l'histoire du foie gras ou la recette de la crème d'amande. Et aussi les mille et une façons d'accommoder le lapin. « Punaise ! C'est pas vrai ! », peste-t-elle contre le mauvais présage du sujet du cours. Elle se marre quand même. Elle a promis de faire comme si de rien n'était. Alors, elle s'y emploie. En début d'après-midi, avant d'aller en séance de travaux pratiques, Michel Ollivier lui apprend qu'une deuxième balise a été émise. Ça devrait être rassurant, mais elle sait trop bien qu'elle pourrait n'avoir subi qu'un déclenchement automatique, et pas forcément avoir été actionnée par la main du naufragé.

« Je l'ai eu au téléphone il m'a raconté »

La séance de travaux pratiques se termine : la tarte bourdaloue reste sur l'estomac. Il fait nuit quand Anne quitte le lycée. Elle sait que Vincent Riou est arrivé sur zone, pas qu'il a établi un contact. Énième coup de fil : la voix de Michel n'est plus la même. « Anne, Jean est dans la coque, il a répondu à Vincent... ! ». Silence. Les gens de mer n'expriment pas leurs émotions. « Je te rappelle quand l'hélico chilien l'a récupéré », termine le bras droit, expliquant le plan retenu pour l'intervention. Anne sourit, sans plus avoir besoin de faire semblant désormais : il est vivant. Il sera sain et sauf dans quelques heures. Mais Jean a trop attendu : il choisit l'option de sauter à l'eau et de se hisser sur le bateau du salut. « Je l'ai eu au téléphone à 20 h 40 à peu près, explique Anne. Il m'a raconté. C'est à ce moment-là seulement que j'ai pu être terrifiée ! ».

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