30 mars 2008
Le Lorientais Rafik Saïfi et le Marseillais Mamadou Niang se connaissent très bien pour avoir joué ensemble à Troyes. Ce soir, les deux meilleurs buteurs de leur club auront le même désir : marquer.
La grande amitié entre Rafik Saïfi et Mamadou Niang est née en 1999, lorsque les deux joueurs ont signé à Troyes. « Il jouait en attaque et moi, milieu droit. On s'entendait bien », se rappelle Rafik Saïfi, replacé en attaque par Christian Gourcuff depuis son arrivée à Lorient. Leur route s'est séparée en janvier 2003 lorsque le jeune Sénégalais est parti à Metz. « C'est là-bas, je pense, qu'il a eu un déclic. C'est lui qui a fait monter Metz en Ligue 1. » Ensuite Strasbourg, deux saisons, et Marseille depuis trois ans.
« Il est devenu efficace »
Actuellement, l'international sénégalais est le meilleur buteur du club olympien avec 12 réalisations. Rafik Saïfi, auteur pour sa part de dix buts cette saison, n'est absolument pas surpris de son parcours. « A Troyes, il était jeune (20 ans) et ça se voyait déjà qu'il avait le potentiel pour aller plus loin. Il avait une force de pénétration et un physique hors norme. Techniquement, il était pas mal. A l'époque, il n'allait pas droit devant le but, ce qu'il fait aujourd'hui avec efficacité ».
Le Lorientais se souvient aussi que son partenaire se procurait beaucoup d'occasions, qu'il faisait le plus difficile, « mais qu'il en ratait pas mal. Depuis qu'il est à Marseille, il a passé un palier. » Parce que Mamadou Niang est généreux sur et en dehors du terrain, qu'il a une grosse force de caractère, qu'il n'a peur de rien et qu'il a envie de réussir, Rafik Saïfi n'est pas étonné de le voir si performant. Il pense que « son petit frère », âgé de 28 ans, peut viser plus haut que le championnat de France. « L'Angleterre lui conviendrait bien. » Bon vivant, le sourire toujours collé aux lèvres, Niang a su garder la tête sur les épaules, sans prendre la grosse tête. Un défaut quand même ? Le Lorientais réfléchit un instant. « Des fois, il s'énerve sur le terrain. Du coup, il perd ses moyens et son efficacité ».
« Une carrière accomplie »
Mamadou Niang est également élogieux envers celui qu'il considère comme son grand frère. « Rafik fait partie des quelques pros à Troyes qui m'ont pris sous leur aile. C'est quelqu'un que j'estime beaucoup et que je respecte. Il m'a énormément conseillé. Nous sommes très proches ».
A l'évocation de son ami, le Marseillais se remémore avec joie leur chemin commun à Troyes. « Au début, comme je jouais en réserve, c'était à l'entraînement qu'on se retrouvait. Il m'impressionnait par sa qualité technique, ses dribbles. Il était fantastique, spectaculaire et il régalait le public ».
Mamadou Niang est toujours admiratif de son aîné. « A Lorient, il est devenu plus simple dans ses gestes et beaucoup plus efficace devant le but. Franchement, je trouve qu'il a plus de qualités que certains joueurs qui jouent dans des grands clubs ». L'attaquant sénégalais estime que l'Algérien est en train de réaliser sa meilleure saison à Lorient et que « sa carrière est très accomplie et méritée. »
Ce soir, les deux hommes voudront donner la victoire à leur équipe et ce sujet n'a pas manqué d'alimenter leurs récentes conversations téléphoniques.
