Ligue 2. Brest - Montpellier (0-3) Guyot remercie Janin
« C'est le côté ingrat d'un président d'annoncer la fin de la collaboration à un entraîneur qu'on côtoie depuis deux ans et dont on était satisfait du travail, il y a encore quelques semaines », confiait le président brestois, peu à son aise hier matin.
Aviez-vous pris votre décision avant le match contre Montpellier ?
« Si on gagnait contre Montpellier, il n'était pas question de se séparer de Pascal. Car avec l'équipe, il était capable de réaliser une bonne série et la confiance serait revenue. Mais j'ai tout de suite douté d'un bon résultat quand j'ai vu la reprise de Socrier raser le poteau, alors que l'action avec Stinat avait été merveilleuse. Je ne voulais pas non plus prendre cette décision la semaine passée, car il est préférable qu'un nouveau coach démarre par un match à l'extérieur. Et autant la prendre tout de suite avec un arrangement à l'amiable, sans attendre le mercato car ce serait trop tard ».
Quelles sont les raisons qui la motivent ?
« Quand ça ne va pas, ça ne va pas et Pascal est usé. Il n'y a pas de réussite, ni de groupe cassé en deux. Mais il est conscient de ne pas avoir le remède pour sortir l'équipe de cette impasse et il n'a pas envie d'envoyer le club en National. On s'est aussi trompé au niveau du recrutement. On a vu trop belle l'équipe qui a fini septième la saison dernière. Nous sommes plus faibles dans certaines lignes. Par manque de confiance ou de participation ? Ce sera au nouveau coach d'exploiter à fond ce qu'il y a de positif chez chaque joueur ».
Avant la saison, vous avez fixé à l'équipe l'ambition de viser le titre qui a paru à beaucoup démesurée. Cela ne l'a-t-elle pas inhibée ?
« J'ai certainement une part de responsabilité. Et je ne ferai plus ce genre d'annonce que j'ai regrettée et qui a déplu aux gens qui me poussent, depuis quinze jours, à prendre une décision. Mais j'avais tellement cru en l'équipe après ses quatorze derniers matchs de la poule retour, tout en ayant souvent rappelé les exemples d'Amiens, Châteauroux et Dijon proches de l'accession en 2006-2007 et de la relégation la saison dernière, comme nous aujourd'hui. Il est clair aussi qu'il manque au club, malgré ses gros moyens, les 3 à 4 M pour figurer dans ceux qui peuvent monter un jour ».
Est-ce que vous avez été influencé par l'attitude des supporters venus manifester au bas de la tribune officielle en seconde mi-temps vendredi ?
« Pas du tout. En revanche, je dis à d'autres qui m'insultent, s'ils veulent me rembourser, je m'en vais. Le problème c'est qu'il n'y a aujourd'hui personne pour le faire ».
Après Rust et Goudet, c'est le troisième entraîneur licencié par le club depuis son retour en L2. N'est-ce pas un nouveau frein à son développement ?
« J'aspire aussi à la sérénité, à faire un bail avec un entraîneur. Quelle belle saison on a vécu en 2007-2008, quand il n'y a pas de licenciement. Mais ce n'est pas nous qui décidons, c'est à chaque fois la vox populi qui pousse à mettre quelqu'un dehors ».
Vous regretteriez presque votre décision ?
« Je suis un affectif, peut-être trop. Je gueule quand il faut gueuler. Mais je n'aime pas vivre des moments comme cela. Franchement, je regrette aujourd'hui d'être revenu dans le football quand Michel Jestin m'avait incité à le faire. Président, ça prend la tête constamment et on pense à la manière dont on va être jugé le vendredi, car c'est toujours le résultat qui décide ».