7 janvier 2009
La nébuleuse équipe H2 O ne sera que « Continental » ou, pire, ne verra pas le jour. Conséquence : le Breton Patrice Halgand (35 ans en mars) risque d'être contraint de mettre un terme à sa carrière.
On ne peut pas dire que l'information surprend le petit monde du vélo : l'équipe H2 0 a du plomb dans l'aile. On est bien loin des rêves de grandeur affichés cet été quand elle envisageait de recruter des leaders de la trempe de Bettini ou Rebellin. À l'époque déjà, cette écurie, qui devait être financée par les capitaux canadiens d'une fondation humanitaire, suscitait la méfiance.
Le doute a encore grandi quand elle n'a pas fourni à l'UCI (Union Cycliste Internationale), dans les délais, les garanties nécessaires pour obtenir la licence « Continental pro ». Aujourd'hui, on apprend que la formation, licenciée au Luxembourg, sera, au mieux, « Continental ».
Mais cette équipe, dont le directeur sportif doit être Frédéric Moncassin, verra-t-elle le jour ? Rien n'est moins sûr et des coureurs comme Bertogliati, Kuyckx, Vanhuffel et... Patrice Halgand, le gars de Pornichet aux racines morbihannaises, se retrouvent le bec dans l'eau.
Futur
directeur sportif ?
« J'ai signé mon contrat à la mi-octobre mais je n'ai jamais été vraiment certain que l'équipe allait partir. J'ai été en partie rassuré quand nous avons été conviés à un stage de trois jours à Turin, les 16, 17 et 18 décembre, mais, aujourd'hui, nous apprenons que l'équipe sera seulement « Continental » et j'imagine que les salaires vont être sérieusement revus à la baisse. Dans ces conditions, je me vois mal poursuivre cette aventure », explique le Breton, qui portait en 2008 les couleurs du Crédit Agricole.
Du coup, Halgand ne se fait plus beaucoup d'illusions sur son avenir de coureur cycliste : « J'espère encore un peu mais, début janvier, il ne va pas être simple de trouver une équipe. Je crois qu'il va falloir envisager la reconversion plus tôt que prévu. »
L'homme aux 27 victoires chez les pros (dont une étape du Tour de France, à Pau en 2002) y a d'ailleurs songé depuis l'automne en préparant un Brevet d'Etat 1 er degré et, ce week-end à Pontchâteau, le Breton émigré en Haute-Savoie encadrera les cadets, les juniors et les féminines du comité Rhône-Alpes aux championnats de France de cyclo-cross.
« Je me demande si je ne vais pas partir en quête d'un contrat de directeur sportif plutôt que d'un contrat de coureur », avoue-t-il. Une page se tourne...
