4 septembre 2007
Le Peuple des dunes s'apprête, le 8 septembre, à manifester son opposition à l'exploitation d'un gisement de sable au large d'Etel, en organisant un fest-noz à Port-Louis. Le groupe Lafarge organisait, hier, une mise au point. Pour lui, de nombreuses inexactitudes nuisent à la compréhension du projet.
Jean-Marc Golberg, président de Lafarge Granulats, souhaitait, hier, revenir sur toutes ces « choses contradictoires » qui circulent sur le projet d'extraction de sable marin au large d'Etel. Il rappelait que celui-ci n'en était qu'au stade d'étude préalable, la demande de concession n'intervenant que si cette enquête ne révèle pas de « modification significative du milieu ».
La Bretagne construit. 18.000 logements en 1995, pour 41.000 en 2005. Pour cela, elle a besoin de sable roulé, ingrédient indispensable à un béton de qualité, mais rare dans une région où les ressources terrestres exploitées jusque-là s'épuisent. Ainsi, un tiers du sable de construction est importé en Bretagne. L'alternative, le sable marin.
Mais pourquoi ce sable-là ? « La zone du sud de Lorient est assez éloignée des côtes, il n'y a pas de frayères, pas de câbles souterrains, la profondeur est propice à l'extraction, supérieure à 20 m et inférieure à 40 m... Enfin, le sable sera extrait d'un fond fossile qui n'a pas bougé depuis 8.000 ans et non de celui des dunes qui, lui, est constamment mouvant ».
Le rapport complet de l'étude menée sur les 16 km² de la zone, avec la collaboration de nombreux cabinets privés, devrait être livré début novembre. Selon les conclusions, la demande d'exploitation devrait intervenir courant 2008, pour une décision en fin d'année. « Début d'activité, au mieux, en 2012, pour une exploitation de 20 à 30 ans de seulement un tiers de la réserve globale, assure Jean-Marc Golberg. Pour nous, c'est un projet de petite taille ».
Pas de sable en Angleterre
L'entreprise se veut « responsable » et souhaite communiquer, voire faire appel à la médiation pour parvenir à « un vrai dialogue avec les opposants », « échanger autour des analyses ». Et enfin, pour tordre le cou à la rumeur, assure que non, elle n'a aucunement l'intention d'exporter le sable breton en Grande-Bretagne qui, elle, exploite les gisements de sable de la Manche.
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