6 octobre 2008
Nârâyana n'est pas à Vannes ce que Matmatah est à Brest. Certes. Pour autant, le groupe de reggae fusion qui tire sa révérence, samedi 18 octobre, laissera un vide après dix ans de scène.
En dix ans, la bande de copains de l'internat du lycée Saint-Paul, de Vannes a fait du chemin. Quelque 400 concerts : du Printemps de Bourges aux Francofolies de La Rochelle, en passant par la Bosnie et la Suisse, mais aussi les premières parties de Sinsémilia, Mister Gang ou Skatalites.
Nârâyana (« toujours plus haut » en tibétain), c'est aussi 10.000 albums vendus au moment de la sortie du troisième et dernier, « Rien lâcher », en 2006. Et une musique qui est progressivement passée d'un reggae ska à une fusion plus rock, voire metal.
Changement de cap
« Il y a eu des moments forts », résume Kraps. Le guitariste oscille entre un pincement au coeur et un brin de déception. « Nous avions fait le plus dur. De nouvelles portes s'ouvraient, les choses devenaient plus faciles... J'ai un petit goût d'inachevé ». Mais Pascal, le chanteur, avait un autre projet de vie. « Or il est l'identité du groupe ». Du coup, François, aux claviers, a mis le cap sur La Réunion. « Mais il sera là pour le concert des dix ans ! » Jomo, l'autre guitariste, travaille maintenant aux studios de répétition de Nivillac.
Restent Kraps, Momo, le bassiste, et Zirko, le batteur, à naviguer entre musique et technique, dans le monde du spectacle. « On était à Chorus pour Yannick Noah, à Paris pour Madonna ». Kraps est du genre à chercher les « plans ». « C'est d'ailleurs le conseil que je donnerais à ceux qui continuent : donnez-vous les moyens de réussir, n'attendez pas que ça arrive ! »
Un super concert
Le groupe, parmi les piliers de la scène morbihannaise, « a envie de partir en beauté ». Il organise donc son douzième « P'tit festival » samedi 18 octobre. Au lieu de mettre en avant d'autres groupes, il en sera cette fois la tête d'affiche, après une semaine de résidence au Forum de Nivillac. De quoi offrir au public un retour sur dix ans de compositions, avec quelques surprises en plus.
« Quand on joue chez nous, c'est toujours plein. On est porté par le public. Ça sera sans doute très émouvant ».
Voilà, c'est fini... Enfin presque. Il reste encore une chance, la dernière, pour se remplir les oreilles du son nârâyanesque.
Pratique
Le P'tit Festival, samedi 18 octobre, de 20 h à 2 h, à l'espace du Lenn, à Ambon. À l'affiche : Root'Secours (reggae rock de Grenoble), Nârâyana (reggae fusion) et Scotchy (dub de Brest). Tarif : 13/10 . Réservations : réseaux habituels, offices de tourisme de Muzillac et d'Ambon et l'Electrophone à La Roche-Bernard.
