22 novembre 2008
Suite et fin du procès des auteurs d'un trafic de résine de cannabis et de cocaïne, entre Morlaix et Brest, courant 2007. Avec beaucoup de prison ferme.Une matinée a suffi aux six avocats de la défense, hier, pour relativiser la place de chacun de leur client dans le réseau morlaisien de stupéfiants, découvert en novembre 2007 et présenté la veille devant le tribunal correctionnel de Morlaix (Le Télégramme d'hier).
Tous ou presque minimisent les faits, et s'insurgent contre la sévérité des réquisitions du parquet.
Des victimes « intéressées »
« Tutu », alias Cyril Turoche, ce fournisseur principal de résine de cannabis, présenté dans tous les témoignages comme « le boss », n'a, pour commencer, d'après M e Omez, rien du trafiquant violent et aguerri évoqué.
Ces supposées « victimes », en l'occurrence deux des autres prévenus qui lui ont pour l'un (le plus jeune des sept protagonistes), acheté du cannabis, pour l'autre (l'amie brestoise du dossier), blanchi de l'argent en lui ouvrant un compte, avaient, poursuit M e Omez, « également un intérêt dans l'affaire ».
M e Le Luyer, avocat du « Chinois », cet ami consommateur de « Tutu » identifié grâce aux écoutes téléphoniques, est d'accord avec son confrère pour dénoncer, au vu des faits et des quantités saisies, l'idée même d'un quelconque réseau organisé.
Pour M e L'Herrou, défenseur de l'autre ami guadeloupéen, il n'y a tout simplement pas de preuve contre son client dans le dossier. L'avocat plaide la relaxe.
La « pathologie »
en cause
Reste le jeune homme de 21 ans, à l'origine indirecte de cette affaire. M e Pensec rappelle son enfance difficile, sa toxicomanie précoce aux côtés d'un père lui-même consommateur. « C'est quelqu'un de malade qui doit être soigné ».
Même constat pour l'ancienne compagne dudit « Tutu », embarquée avec lui, dira son conseil, dans une « relation pathologique ». La jeune femme de 33 ans, en sevrage de la drogue comme de son ancien compagnon, dit s'être ressaisie depuis les faits.
Quant à la deuxième amie et « bonne poire », celle qui a accepté sans broncher d'ouvrir un compte, de transporter deux sacs de cocaïne, d'être humiliée et même frappée... « elle a honte d'elle aujourd'hui », souligne M e Bihan.
Peines moins lourdes
que requises
Cette dernière écope, au final, de la plus petite peine : dix mois de prison avec sursis. Suit Anne Gallouédec, condamnée à deux ans de prison dont dix-huit mois avec sursis et mise à l'épreuve.
Puis Jimmy Meridan (l'absent de l'audience), condamné à un an de prison ferme. Dat Tran, « le Chinois », devra effectuer quatre ans et quatre mois de prison ferme, dont 30 mois avec sursis et mise à l'épreuve. Le jeune Jean-Marie Asnar est condamné à quatre ans et quatre mois ferme, dont 24 mois avec sursis et mise à l'épreuve.
Romuald Same, qui a toujours tout nié, écope de trois ans de prison ferme et d'une interdiction de séjourner dans le Finistère pendant trois ans. Le tribunal, globalement moins sévère que les réquisitions du procureur, réserve à Cyril Turoche la plus grosse peine : « le boss » devra effectuer quatre ans et trois mois de prison, dont un an avec sursis et mise à l'épreuve, et ne pourra plus séjourner dans le département pendant trois ans.
