2 avril 2008
Il y aurait finalement un témoin du meurtre de Sébastien Realland, 25 ans, poignardé dimanche par son dealer (Le Télégramme d'hier). Son ami est, en effet, poursuivi pour ne pas lui avoir porté secours.
Déféré, hier soir, au parquet de Brest - celui de Quimper s'est dessaisi de l'affaire au profit du désormais pôle de l'instruction nordiste -, le dealer âgé de 22 ans devait être incarcéré dans la foulée pour homicide volontaire et violence avec arme.
Pour une dette de 140 de cannabis, ce jeune homme demeurant dans le Loiret n'aurait pas hésité à asséner plusieurs coups de couteau de cuisine à sa victime. Il supportait mal de ne pas être pris au sérieux.
Plus surprenant, celui qui hébergeait Sébastien Realland depuis quelques mois et avait appelé les secours, a également été déféré, hier soir. Motif : non-assistance à personne en danger.
Au départ, les enquêteurs pensaient que la bagarre s'était déroulée sans témoin. Mais les multiples auditions ont révélé que le locataire des lieux, un Quimpérois âgé de 21 ans et déjà condamné pour violences par le passé, avait bien assisté aux échauffourées.
« Rien fait pour
empêcher les coups »
« Il était présent lors de la bagarre, mais est resté passif. Il semble qu'il n'a rien fait pour empêcher les coups de couteau », commentait, hier, un enquêteur. « Lors de ses auditions, il n'a pas toujours donné l'exacte réalité des faits », confirme le substitut du procureur de Quimper, David Jobard. Mais il n'est pas intervenu, alors qu'il a assisté à la scène et aux violences.
L'autopsie pratiquée, hier matin, sur la victime a révélé trois coups de couteau. Deux lésions au bras et au genou, et une plaie au thorax. Un dernier coup mortel puisqu'il a tranché l'aorte. Le présumé meurtrier, parti en boîte de nuit après son acte, a toujours affirmé qu'il ne pensait pas que son geste aurait de telles conséquences.
