20 août 2008
Hier, le tribunal de Brest avait à juger le cas de deux hommes, arrêtés à la suite d'un braquage commis dans une pizzeria, en octobre 2007, à Brest. L'un des prévenus a été condamné à quatre ans de prison de prison ferme, l'autre à deux ans.Les faits sont simples. Le 20 octobre dernier, la police est appelée par les serveuses du restaurant Pizza Sprint, spécialisé dans la vente à emporter, situé en haut de la rue Jean-Jaurès, à Brest.
« Faire régner l'ordre »
Un homme encagoulé vient, quelques instants auparavant, de se faire remettre la caisse sous la menace d'une arme de poing. « C'est un braquage », avait-il simplement dit. « C'est une blague ? », avaient répondu, incrédules, les employées.
Au final, le butin s'élève à 400 environ.
Peu de temps après, la cagoule et l'arme sont retrouvées. Ce revolver est une arme de septième catégorie, légale, donc, mais nécessitant une déclaration d'identité à l'achat. C'est donc sans mal que les policiers retrouvent l'acheteur, un jeune homme de 24 ans demeurant à Brest.
Lors de ses auditions, il commencera par affirmer être l'auteur des faits. Cependant, les détails qu'il fournit ne correspondent absolument pas aux versions données par les témoins et les victimes.
Il se rétracte rapidement, admettant n'être que le propriétaire de l'arme, qu'il a prêtée à un ami.
Ce dernier, un homme âgé de 35 ans, est arrêté dans l'hôtel où il réside. Il reconnaît rapidement les faits et est placé en détention. Son complice est laissé en liberté. À l'audience, il dira ne pas avoir réfléchi à son acte.
« Pourquoi avoir emprunté l'arme la veille alors ? », interroge le président Jublin. « Pour faire régner un peu d'ordre place de la Liberté, faire peur aux dealers », répond le prévenu. « Heureusement que tous les Brestois qui passent par cette place et que ce trafic incommode ne s'arment pas », sourit le président.
« Pied nickelé »
La thèse de la non-préméditation, avancée par le prévenu, ne convainc pas les magistrats, notamment en raison des vêtements noirs enfilés par le braqueur par-dessus sa tenue, le jour des faits. « C'était pour me protéger du froid », explique-t-il. « Brest en octobre, ce n'est pas Strasbourg en janvier », rétorque le tribunal.
« Il y a eu préparation », tonne la procureur Johanny, fustigeant le « sang-froid » des deux hommes, ainsi que leur état de récidivistes. Elle requiert cinq ans ferme pour le braqueur, et trois ans pour son complice. M e Piriou, représentant ce dernier, demande la relaxe au bénéfice du doute, estimant qu'il n'y avait aucune preuve que son client était au courant du délit en préparation lorsqu'il a prêté son arme.
M e Larvor, défenseur du braqueur, se dit « stupéfait » de la violence du réquisitoire. Revenant sur le parcours difficile de son client, partiellement handicapé par un accident survenu en 1991. « Il est devenu très influençable et très impulsif », explique-t-il. « Ce n'est pas un professionnel du braquage, et ce n'est pas l'insulter que de dire qu'il a agi comme un pied nickelé ». Il demande la mise en place d'une peine mixte.
Le tribunal a finalement condamné Johnny Michelet, le braqueur, à quatre ans de prison ferme, et Charles Garnero, son complice, à deux ans. Le premier est maintenu en détention, et tous deux devront s'acquitter solidairement de 400 de dommages et intérêts auprès du pizzaïolo brestois.
