9 août 2008
En décembre 2005 Bernard Algret, une figure des nuits chaudes brestoises, était enlevé à Bénodet, torturé, tué et jeté dans la Loire, près de Nantes. Le juge d'instruction vient de renvoyer cinq personnes devant la cour d'assises du Finistère.
C'est probablement l'une des affaires les plus sordides que la cour d'assises du Finistère aura à juger, dans les mois qui viennent. Les faits s'étaient produits en décembre 2005, à quelques jours de Noël. Bernard Algret, 59 ans, petit truand brestois, ancien patron de trois bars à hôtesses, avait mystérieusement disparu. Dans la maison qu'il louait à Bénodet, des traces de lutte et énormément de sang. Le sien. Quatre mois plus tard, fin avril, un promeneur découvrait son cadavre, lesté et entravé, en bord de Loire, à 45 km de Nantes. Quelques jours après cette macabre découverte, cinq suspects étaient interpellés.
Procès : probablement
en décembre
Selon l'instruction, qui vient de s'achever, Bernard Algret aurait été enlevé, torturé pendant de longues heures, et assassiné en raison de différends qui l'avaient opposé à l'un de ses anciens employés brestois, Christian Soler, et surtout à un autre patron de bars à hôtesses, Antonio Freitas, mis en cause dans plusieurs affaires liées au milieu nantais, dans les années 1990. Ce dernier reprochait à Bernard Algret de l'avoir conduit deux fois en prison.
Le juge d'instruction quimpérois chargé de l'affaire vient de rendre son ordonnance de mise en accusation. Il renvoie les deux hommes, et trois comparses présumés, Rachid Harafane, Joël Bogaert et Pierre Kolye, devant la cour d'assises du Finistère pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ». Christian Soler est également accusé d'assassinat. Malgré leurs contestations, Antonio Freitas et Rachid Harafane sont aussi accusés d'actes de torture et de barbarie. Tous encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Trois d'entre eux ont déjà été condamnés par des cours d'assises pour d'autres affaires. Le procès pourrait se dérouler en décembre prochain.
