3 mai 2008
Quatre mois après le premier coup de bistouri, le Pôle de santé de Guingamp menace-t-il de rester sur le billard en 2012 ? A priori non, dit l'ARH qui ne voit pas dans le futur hôpital privé de Saint-Brieuc un concurrent trop menaçant.
« Nous avons un outil performant que nous pouvons faire vivre ». Branle-bas de combat, hier, en mairie de Guingamp. À la suite de la médiatisation d'un rapport interne à l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) par la conseillère régionale Mona Bras (UDB), Annie Le Houérou est montée au créneau avec ses amis guingampais. Non, il n'est pas question de laisser quiconque rédiger la nécrologie du Pôle de santé de Guingamp, né il y a quelques mois de l'union inédite de la clinique avec le centre hospitalier. Oui, Guingamp mérite de conserver une maternité et un bloc opératoire.
« État des lieux »
Tout à fait d'accord, répond en substance Antoine Perrin, directeur de l'ARH, qui, hier soir, expliquait que le document qui fait couler de l'encre n'est « qu'un état des lieux commandé à mon arrivée en janvier. Ce n'est pas un plan stratégique. Cette note, c'est simplement un constat de la situation bretonne qu'il faut regarder lucidement pour préparer l'avenir. Quand mon conseiller médical écrit qu'il y a danger de fragilisation de Guingamp à l'horizon 2012, face au projet de regroupement des trois cliniques de Saint-Brieuc à l'Ouest de l'agglomération (*), c'est vrai. Et mon souci, devant ce diagnostic, c'est de trouver les solutions qui permettront de pérenniser malgré tout Guingamp en périphérie du pôle central briochin ».
En clair, il faut jouer sur les deux tableaux, estime Antoine Perrin, qui encourage les cliniques briochines à aller jusqu'au bout de leur démarche d'union sur un seul site. « À côté de l'hôpital, nous avons besoin d'une offre de soin privée forte ».
Un mot d'ordre que doit apprécier Thierry Simelière, pilote du projet de regroupement des cliniques briochines, qui partage le point de vue du patron de l'ARH à plus d'un titre.
Répondre à un besoin
« Ce n'est pas le futur qui pose problème mais bien le présent. Ce n'est pas de notre faute si le pôle guingampais est déjà fragilisé et si les patients n'hésitent pas à faire des kilomètres pour venir se faire soigner à Saint-Brieuc. Mais notre projet ne s'envisage qu'en partenariat et en complémentarité avec le service public », fait valoir le chirurgien qui, la semaine prochaine, doit rencontrer la nouvelle municipalité de Plérin pour présenter son bébé que certains annoncent déjà du côté du centre d'affaires Eleusis (RN12). « Ce qui doit faire peur, c'est la pénurie de praticiens, l'absence de permanence des soins. Notre projet répond à un besoin de santé publique ».
Et l'état de santé de la Polyclinique Armor-Argoat de Guingamp, en redressement judiciaire jusqu'en octobre 2008, permet-il d'envisager sereinement l'avenir ? Alain Yven, directeur général de la Mutualité du Finistère-Morbihan, qui en est propriétaire, veut prendre la situation avec un maximum de sang-froid. « Certes, l'attractivité très forte du futur hôpital privé va poser question, c'est évident, mais il convient de mettre à profit l'avant 2012 pour réfléchir aux moyens de franchir le cap ».
Un modus operandi qui va nécessiter plus d'une réunion. La première est prévue avant la fin du mois. Antoine Perrin y sera.
* Prévu sur un terrain d'une dizaine d'hectares, le projet est estimé à 60 M et sera subventionné à moins de 50 %.
