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France

Grève. Le service minimum passe mal

14 mai 2008

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Demain sera une journée de grève pour les fonctionnaires, les enseignants et les lycéens. La demande du ministre de l'Education aux maires d'organiser un service minimum dans les écoles se heurte à l'opposition de nombreux élus.Le ministre de l'Éducation Xavier Darcos a annoncé vouloir poursuivre cette semaine « l'expérimentation » du service minimum d'accueil des élèves, lancée en janvier à l'occasion d'un précédent mouvement de grève. Il avait alors demandé aux recteurs de passer des conventions avec les mairies volontaires, promettant à celles-ci une compensation financière si elles organisaient l'accueil des enfants en cas de fermeture de l'école.

La liste des griefs s'enrichit

À l'époque, cette initiative avait déjà été accueillie plutôt fraîchement par l'Association des maires de France, où se retrouvent élus de droite comme de gauche. Le président de l'AMF, le maire UMP de Lons-le-Saunier Jacques Pélissard, avait souligné que faire prendre en charge « en externe » ce service par les communes relevait d'une « conception originale du service minimum », visant à reporter « la responsabilité de l'État sur des acteurs étrangers aux conflits ayant conduit à la grève ». « C'est à l'Éducation nationale d'organiser le service minimum dans les écoles primaires », ajoutait-il. Quatre mois plus tard, la position de l'AMF n'a pas changé et la liste des griefs contre ce projet s'est même enrichie. Dans un communiqué hier, le secrétaire général de l'association, André Laignel (PS), a rappelé que si « l'organisation d'un tel service peut être laissée à l'appréciation de chaque commune, elle peut avoir des conséquences en termes de responsabilités, d'incidents qui pourraient survenir dans le cadre de cet accueil par des personnels non éducatifs ».

La question de la responsabilité

« Les maires ont une grosse inquiétude sur les problèmes de responsabilité, souligne un autre responsable de l'AMF. D'autant qu'on ne leur a pas laissé le temps de régler ces questions ». Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ne dit pas autre chose. « Le temps scolaire étant sous la responsabilité de l'Éducation nationale, qui assume cette responsabilité si la commune se substitue à elle pendant une grève des enseignants ? (...) Sur cette question (...), aucun dialogue n'a jamais été engagé, ni avec les communes, ni avec le personnel gréviste », souligne-t-il dans une lettre aux maires d'arrondissements parisiens de droite.

« Ne pas passer pour des "jaunes" »

Le manque de concertation est l'autre grand grief fait à Xavier Darcos. « Il impose cette expérimentation et ne rencontre pas les associations d'élus ». Résultat, « cela apparaît comme une décision politique et certains employés communaux sont réticents à y participer pour ne pas passer pour des "jaunes" », selon un membre de l'AMF. Depuis dimanche, la question alimente une sévère passe d'armes entre le PS, qui y voit « une façon de casser la grève », et l'UMP qui a appelé ses élus à se mobiliser pour mettre en place le service minimum.

« Les Français jugeront »

Le Premier ministre François Fillon s'est mêlé à la polémique, affirmant que « les Français jugeront quelles sont les collectivités locales qui cherchent à se décarcasser pour venir en aide aux Français ». L'opposition le renvoie au résultat des municipales. Comme le maire de Paris, principale cible de la majorité, la quasi-totalité des maires de gauche devraient refuser l'expérimentation du 15 mai. Selon le PS, elle n'avait fonctionné que dans 1.000 communes en janvier ; 2.000 selon le gouvernement.

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