5 avril 2008
La Poste réorganise son activité courrier en Bretagne. Les postiers sont inquiets pour l'emploi, notamment à Saint-Brieuc, Vannes et Quimper, qui perdent leur centre de tri.
Avec Internet et les SMS, les Français écrivent de moins en moins. La Poste a enregistré en 2007 une baisse de 1 % de son activité courrier. « Pour tenter d'arrêter l'érosion et rester une entreprise rentable, nous allons investir 81 millions d'euros dans l'industrialisation du courrier en Bretagne », a annoncé hier Raymond Redding, le directeur général délégué de la Poste.
Comme les autres régions, la Bretagne (7.550 postiers) va connaître sa mutation industrielle, commerciale et sociale du courrier. La fusée comporte trois étages.
Plates-formes
à Rennes et Brest
Deux plates-formes vont être implantées à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, et sur la zone industrielle de Kergaradec, à Guipavas, près de Brest, là où se trouve l'actuel centre de traitement du courrier. La première traitera quotidiennement les 2,7 millions de plis pour l'Ille-et-Vilaine, les Côtes-d'Armor et le Morbihan. L'autre prendra en charge les 920.000 plis finistériens.
La région sera maillée par 20 plates-formes de préparation qui concentreront le courrier avant de l'acheminer vers les 50 plates-formes de distribution où seront basés les facteurs.
Une plate-forme d'appel interrégionale d'information pour les particuliers sera installée à Vannes (30 emplois nouveaux), une plate-forme nationale relations entreprises sera implantée à Saint-Brieuc (35 emplois nouveaux).
Des boîtes « du soir » permettront de déposer le courrier entre 17 h et 21 h dans les grandes villes. Des boîtes « de nuit » entre 21 h et 23 h 30 dans les plates-formes de Rennes et Brest.
450 emplois menacés
selon les syndicats
Côté social, la direction annonce des formations aux nouvelles technologies et des emplois plus qualifiés. Voitures et quads électriques seront achetés pour distribuer le courrier. En contrepartie, tous les départs en retraite ne seront pas remplacés, des mutations géographiques seront proposées, mais « jamais imposées au-delà de 30 kilomètres ».
Selon le syndicat Sud-PTT, « derrière ce discours lisse se cachent des problèmes sociaux ». Il évoque la disparition de 450 emplois en Bretagne, essentiellement dans les anciens centres de tri de Saint-Brieuc, Vannes et Quimper « qui vont devenir de simples centres de transit ». « Sur les 200 personnes travaillant au centre de tri de Saint-Brieuc, il ne devrait rester qu'une cinquantaine d'ici trois ans », s'inquiètent Serge Le Quéau (Sud-PTT) et Jean-Marc Déjoué (CGT).
Le nouveau plan de la Poste entrera en vigueur fin 2008 dans le Morbihan et sera généralisé en 2009.
