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Economie

Dacia . Le mythe de l'ouvrier roumain a du plomb dans l'aile

28 mars 2008

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La grève des salariés de Dacia pourrait changer la donne pour les multinationales qui voyaient dans la Roumanie un gisement de main-d'oeuvre bon marché au coeur de l'Europe. Entamée lundi dernier, la grève des salariés de l ' usine Dacia (groupe Renault) en est à son quatrième jour. Hier, le syndicat des salariés de Dacia a reçu le soutien de la CGT Renault. S'il s'éternise, ce mouvement pourrait décourager les investisseurs étrangers , attirés notamment par le bas niveau des salaires en Roumanie. Les employés de l ' usine de Pitesti (sud), rachetée par Renault en 1999 , réclament une hausse mensuelle des salaires de 550 lei (environ 148 euros), ce qui porterait le salaire mensuel moyen brut à environ 435 euros, contre 285 euros actuellement.

« Fin de l'âge d'or »

Qualifiée d' « inacceptable » par le patronat, cette demande s ' appuie sur les résultats spectaculaires enregistrés par Dacia qui a enregistré une hausse de 62 % de s es ventes depuis le début de l'année. Résultat obtenu selon les syndicats, grâce à « un doublement de la charge de travail des employés ». « Nous travaillons comme en France mais sommes payés des cacahuètes » , explique un gréviste . « Le mythe de l ' ouvrier roumain bon marché est en train de s ' effondrer » , titre le quotidien Adevarul , tandis que pour Cotidianul « l ' âge d ' or des bénéfices s ' est achevé ».

Un signal

La grève de Dacia pourrait représenter un signal d ' alarme pour le constructeur automobile Ford, qui vient de reprendre l ' ancienne usine de Daewoo à Craiova (sud) . Le bas niveau des salaires avait également représenté le principal atout de la Roumanie dans la décision du groupe finlandais Nokia de délocaliser à Jucu (nord-ouest) sa production de Bochum, une décision qui a créé un vif mécontentement en Allemagne. Selon des sources syndicales, les employés roumains de Nokia seront payés sept à huit fois moins que leurs homologues allemands. Pour le quotidien Gandul, « les multinationales resteront en Roumanie tant que les revendications syndicales n ' affecteront pas leurs affaires. Lorsque les salaires approcheront le niveau de ceux payés dans les pays occidentaux, elles plieront bagages et se dirigeront vers des pays plus pauvres » .

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