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Economie

Arcelor-Mittal. Des promesses irréalistes

5 février 2008

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Sarkozy a promis une aide de l'Etat pour maintenir le site d'Arcelor- Mittal à Grandrange, où 600 emplois sont menacés. Une promesse qui a peu de chance de se concrétiser. Selon le président de la République, l'Etat s'engagera financièrement dans la sauvegarde de 596 emplois sidérurgiques en Lorraine. Fondée sur un raisonnement peu réaliste, une telle promesse n'a rien d'étonnant de la part de Nicolas Sarkozy, aussi interventionniste que libéral.

Raisonnement ambigu

Il y a cependant peu de chances pour qu'elle se concrétise parce que l'Etat n'a pas les moyens d'intervenir de cette manière. Sauf à vouloir subventionner massivement les entreprises privées en quête de compétitivité, ce que Bruxelles ne tolérera pas. Le raisonnement du chef de l'Etat est ambigu : « Un pays qui n'a plus d'usines, lance-t-il, est un pays qui n'a plus d'économie ». Dire cela dans une région qui a été très riche avant de voir disparaître ses mines de fer et ses hauts-fourneaux, c'est en partie démagogique et en partie exact. Il est démagogique de prétendre que les fonderies et aciéries lorraines peuvent lutter contre les usines européennes et asiatiques du milliardaire indien. Mais il est vrai, par ailleurs, qu'une économie qui négligerait l'industrie pour ne se consacrer qu'aux services se rendrait vulnérable.

Quatre obstacles

À condition que cette industrie se spécialise dans des productions à haute valeur ajoutée afin d'échapper à la concurrence des industries émergentes. Ce que Nicolas Sarkozy s'est bien gardé de préciser. La promesse d'engager des crédits publics pour sauver une usine soulève quatre problèmes qui seront autant d'obstacles. Le premier est qu'en créant un tel précédent, Nicolas Sarkozy expose l'Etat à d'autres demandes semblables. Alcatel-Lucent est en droit de demander de l'argent pour sauver 400 emplois dans un secteur technologique sensible. Or, comme l'a dit le président de la République, « les caisses sont vides ». L'Etat n'a donc pas les moyens de tenir ce genre de promesses. En admettant qu'il oublie des engagements plus anciens pour en satisfaire de nouveaux, la commission européenne interdira à une France déficitaire et endettée d'entraver la libre concurrence en injectant de l'argent public dans une entreprise privée. Une pratique qui pourrait d'ailleurs donner des idées à d'autres groupes industriels ou bancaires : si M. Mittal obtient si facilement des crédits, il suffira d'annoncer des licenciements massifs pour que les chefs d'entreprises reçoivent un chèque de l'Etat.

Pas de stratégie

Probablement destiné à improviser une image « volontariste et sociale » pour redresser une courbe de popularité défaillante, l'impromptu de Gandrange montre que Nicolas Sarkozy n'a pas de stratégie économique. Il est libéral ou interventionniste selon son intérêt du moment.

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